Vente de liens : genèse d’une guerre de référencement

Marketing, Web | Tags : Ajouter un commentaire

Que ce soit aux Etats-Unis ou en France, Google n’aime pas ceux qui se détournent du droit chemin. Et il existe un sentier détourné que Google aime encore moins que les autres, c’est la vente de liens.

Dès sa création, Google s’est distingué des autres moteurs de recherche grâce à une invention étonnante de simplicité : le PageRank. Il s’agissait en fait de construire un système automatique permettant d’évaluer la popularité d’une page — et donc son importance dans le websophère — en calculant le nombre de liens qui pointaient dessus. Plus une page avait de liens qui pointaient vers elle, plus elle était importante, et donc plus elle ressortait haut dans les résultats de recherche de Google (pour peu qu’elle contienne les mots clés correspondant à la requête). Autre point central du système : plus une page était importante et plus les liens qu’elle faisait vers une autre page étaient importants. En gros, une page super populaire possédait la capacité de rendre n’importe quelle autre page super populaire.

Un jour, le business est arrivé sur le web. Et le business sur le web est par nature directement lié au trafic. Et le trafic provient en grande majorité … de Google. Bon… là si on est logique, on se dit : si je veux de l’argent, je dois être bien placé sur Google. Mais comment ? Réponse : en ayant des liens ! (je résumé, hein ?). Et comment avoir des liens ? Réponse : en faisant du contenu qui intéresse les gens ! Oui, ok… mais ça ne suffit pas toujours… Mais alors pourquoi on ne peut pas acheter des liens ?

Eh oui ! Il suffit que je repère une page qui a beaucoup de PageRank, et hop, je propose au webmaster de mettre un lien vers mon site, et je lui file quelques dizaines d’euros par mois en échange. Tout le monde est gagnant, c’est formidable ! Moi j’améliore mon positionnement sur Google, et mon ami webmaster se fait de l’argent grâce à moi… Tout le monde gagne de l’argent, vive le web !

Ah non… il y en a un qui n’est pas content, c’est Google. Eh oui, lui ce qu’il veut, c’est fournir des résultats fiables ! Il ne souhaite pas que des webmasters détournent son algorithme pour faire du business. L’objectif de Google est de servir les pages les plus intéressantes pour chaque requête donnée, et comme chacun le sait, ce n’est pas celui qui a le plus d’argent qui fournit la meilleure qualité de contenu ou de service. Ce sont aux internautes de juger, pas aux marketers !

Google décide donc de partir en guerre contre l’achat (et la vente) de liens. Il commence par dire que c’est mal. Et puis il essaie de les détecter de manière automatisée pour ne pas les compter dans la transmission de PageRank. Et puis quand il se rend compte qu’il n’y arrive pas, il demande aux internautes de faire de la délation : apparait alors un petit formulaire permet de dénoncer les sites qui vendent ou achètent des liens.

Et puis un jour, voyant que ça ne marche toujours pas, Google décide de contre-attaquer : il commence par bannir des régies populaires d’échange de liens, puis il s’attaque à des sites qui vendent des liens, comme le Stanford Daily qui a vu son PageRank [celui indiqué par la Toolbar de Google] passer de 9 à 7 : une chute vertigineuse, quand on sait que l’échelle du PageRank n’est pas linéaire.

Depuis, l’info a été confirmée par Google (via Danny Sullivan) : la vente de lien peut faire baisser le PageRank et même pénaliser le positionnement.

Prochaine étape pour Google : vous !

4 Responses to “Vente de liens : genèse d’une guerre de référencement”

  1. referencement naturel Says:

    Merci pour ce post tr

  2. JCP Says:

    Si l’on souhaite un Web de contenus de qualité, il est vrai que la vente de liens n’apporte en soi aucune valeur ajoutée. Elle peut aussi pénaliser tous ceux qui ne sont pas dans ce business. Donc sur ce point, je ne critique pas Google et je ne me pose pas la question de savoir si ses motivations et sa probité sont réèlles (je devrais pourtant quand je vois son comportement vis à vis de la publication d’ouvrages littéraires sans l’autorisation des éditeurs ni des ayant-droits), mais passons et revenons au sujet.
    Le business est forcément sur le Web, pour le meilleur ou pour le pire, et Google n’y est -et n’y peut- rien. Rien de plus et rien de moins. En réalité, c’est la prise en compte trop simpliste, dans le calcul du PageRank, du nombre des liens entrants ou sortants (et qui ne reflète donc pas le réel intérêt de navigation ni un vrai traffic dus, justement, de la vente de liens) qui est en cause: On est dans le quantitatif pur et simple, lié aux limites même du calcul arithmétique, et qui ne rend compte en aucune manière de la qualité des contenus. Il n’est question que de liens artificiellement tissés, mais c’est la loi du genre, malgré tous les pondérateurs et autres quantificateurs indexés que Google, ou tout autre moteur d’ailleurs, pourraient introduire dans le traitement des résultats de leur crawler.

    En revanche, ce qui pourrait apporter une “vraie” valeur ajoutée aux contenus “visibles” sur le net, c’est la possibilité de mieux référencer en revenant au traitement raisonnable des balises META, car il est simple de limiter le nombre de mots clés de la balise Keywords. Les sites graphiques seraient aussi moins pénalisés vu qu’il sont toujours encapsulés dans une page html (site Flash par ex).
    Je voudrais rappeler que c’est parce qu’il y a eu trop d’abus dans le passé (balises contenant plus de 300 mots clés et dont la plupart n’avaient rien à voir avec le site concerné) que Page a inventé son classement à la demande des moteurs. Si tout webmaster savait que 10 mots clés par exemple, pas un de plus, sont lus et mis en data par les spider, alors les réponses aux requêtes ne donneraient probablement pas des dizaines, voire des centaines de pages de résultats, comme c’est le cas aujourd’hui (et dont la seule première page est consultée par 65% des internautes !).
    Voulez-vous un exemple? Tapez “Ferme bressane” dans la barre google. les 30 premières pages répondent à peu près à la requête (si on y va pas voir de trop près). A partir de la 40ème page, on est dans les hotels et chambres de bonnes,et on peut visiter le moulin de la Brevette (comprenne qui pourra). A la 66ème (et dernière), on peut consulter les meilleurs restaurants selon le petit futé… Je sais bien que le virtuel ne coûte rien (c’est encore à voir), mais si on était dans un système physique bien réel, où la rentabilité est la règle, l’entreprise mettrait la clé sous la porte.

    Alors on me dira que 10 mots clés, c’est peu pour décrire un site généraliste où voisinent petites annonces, rencontres, actualités, vie pratique, immobilier, religion, politique, météo, j’en passe et des meilleures. Tous ces sites se ressemblent, se “pompent” les uns sur les autres, disent la même chose, innovent…très très peu, bref, ne servent qu’à participer à la grande course à la notoriété. Sans apporter la moindre valeur ajoutée au contenu.

    Il faut revenir aux fondamentaux: Une requête précise et concise devrait donner des résultats précis et concis, car en nombre limité aux termes de la requête. Yes, Google can !
    Mais pour le coup, nous serions là dans un Web de gens de bonne compagnie, pas forcément sensibles à l’appat du gain, un Web pour gens simples et probes…bref, un Web qui ne rapporterait que si tout est clair, net et honnête. Et ça, ce n’est pas demain la veille. Car toute société humaine crée les outils dont elle a besoin: Elle a donc le Web qu’elle mérite, comme son président, ses policiers, ses juges, médecins etc… Elle ne peut engendrer qu’un web qui lui ressemble.
    Mais évidemment, vous n’êtes pas obligé de me croire.

  3. Luetta Vacha Says:

    Merci pour ce billet très intéressant. J’ai découvert votre site par hasard sur Google et je le trouve extrêmement intéressant.

  4. Fidel Carbee Says:

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